28 Juillet 2024
Je me suis d'abord demandé pourquoi cette photo immortalisant le duo entre Aya Namakura et la garde républicaine, qui constituait un des tableaux de la cérémonie d'ouverture des JO, me mettait mal à l'aise alors que je n'ai rien contre l'interpénétration des cultures, les plus riches étant habituellement celles qui ont bénéficié de l'apport des autres. Non, ce qui me mettait mal à l'aise est que cette photo me faisait penser à celles prises par les colonisateurs en uniforme qui incluaient quelques autochtones sur le cliché pour faire couleur locale. Impression renforcée par un aperçu de la chorégraphie de la troupe de danseurs entourant la chanteuse et qui m'évoquait malgré moi une danse africaine de l'époque coloniale. Je n'ai pas vu l'intégralité de la prestation à la télévision et je me demande d'ailleurs comme les spectateurs sur place pouvaient voir les multiples scènes qui se déroulaient à distance, cette cérémonie était manifestement destinée à être télévisée.
Pour ma part, malgré le déluge, j'ai trouvé cette cérémonie dans l'ensemble réussie. Malgré le rideau de pluie, elle a mis en évidence la beauté de Paris. Une scène de 6 km ! Le metteur en scène est sorti des stades et des mouvements d'ensemble qui évoquent plus les mouvement militaires que la fête. Car cette cérémonie voulait être un fête avec des scènes baroques et inattendues comme ce cavalier sur un superbe cheval mécanique courant sur la surface du fleuve. Les danses sur le parquet lumineux aux figures géométriques mouvantes étaient parfaites alors que les danseurs dansaient dans des flaques d'eau. Certains ont pu être heurtés par le défilé interlope aux costumes extravagants mais de toute beauté. Je fais cependant une réserve sur ce simulacre de la Cène, plutôt belle sur le plan esthétique mais dont le côté provocateur était déplacé, quant au chanteur Katerine quasi nu et entièrement bleu, s'il était burlesque, il n'avait rien d'esthétique mais était sûrement superflu. (Il figurait en fait Dionysos à un repas de fête qui n'était pas, d'après le metteur en scène, celui de la Cène)