Dieu sait (le sait-il ??) que j’apprécie les femmes et que je me révulse à chaque fois que l’on touche à leurs droits ou lorsqu’on leur fait violence, mais je trouve un peu naïf de tenter par la loi de changer les mentalités.
Le projet de loi pour l’égalité femmes-hommes (étudié à l’Assemblée le 24 janvier 2014) comporte l’article 16 bis qui prétend imposer dans l’enseignement des écoles de journalisme agrées : « la lutte contre les stéréotypes, les préjugés sexistes, les images dégradantes, les violences faites aux femmes et celles commises au sein du couple ». Bien entendu, on ne peut être que d’accord pour condamner les images dégradantes et les violences faites aux femmes, mais la loi n’a pas à intervenir dans le contenu d’un enseignement pour former des journalistes. C’est leur imposer par une sorte de rééducation une façon de penser que les dictatures, notamment communistes, utilisaient volontiers pour formater les esprits selon une pensée unique. La conférence des écoles de journalisme a d’ailleurs protesté contre cette intervention législative dans le contenu de leur enseignement.
La pensée est imperméable à la loi, elle ne changera pas la mentalité d’un misogyne, d’un homophobe, d’un antisémite ou d’un raciste. Elle ne peut que sanctionner la propagande de haine ou les violences qui peuvent en découler. Dieu merci (s’il m’entend) la misanthropie est un regard sur l’humanité qui laisse encore la loi indifférente.