Photo prise dans le parc de Saint-Cloud
Pourquoi les sculptures des parcs sont-elles presque toujours nues ?
Et pas seulement dans les parcs. Les sculpteurs aiment représenter le corps humain nu, même lorsque la nudité est incongrue pour l’action représentée (le Penseur de Rodin en est un exemple). Le corps peut être recouvert, mais à regret, d’un voile minimal comme une feuille de vigne.
Si le corps humain peut être représenté à la perfection par la sculpture (ne dit-on pas un corps « sculptural » pour qualifier un beau corps), il est difficile de représenter les habits avec la pierre et le métal qui ajoutent une lourdeur et une inertie à l’œuvre sculptée. Si le corps nu sorti de la main du sculpteur peut paraître vivant, prêt à s’élancer, le revêtir est une pétrification dans la mort.
C’est tout le contraire avec la peinture. Les habits admirablement représentés dans les tableaux classiques, dans le moindre détail, dans toute leur finesse ou dans l’illusion de leur transparence, rendent le personnage représenté encore plus vivant, et devant certains tableaux on se retient de vouloir palper une dentelle ou d’écarter un voile.
Velasquez : « Infante Don Marguerita de Austria »