Que disent les réseaux sociaux ? La personne interviewée attend sans doute avec une certaine inquiétude les jugements, le plus souvent véhiculés par twitter étant donnée l’immédiateté de la réponse. Pour les blogs, il faut un temps de latence, un temps de réflexion, et une lecture longue et, de ce fait, ils n’ont guère de présence – en tout cas rapide - dans ces « réseaux sociaux » sollicités.
Ces jugements instantanés sont les équivalents électroniques du « micro-trottoir » où l’on demande à un quidam de passage son avis sur la marche du monde.
En pleine subjectivité triomphante, leur avis est demandé à des gens qui sont là par hasard, sur les ondes ou dans la rue. Sur le trottoir, l’assistant recrute le passant volontaire (mais rares sont ceux qui refusent de passer à la télé), à moins qu’il ne s’agisse de l’assistant lui-même se prêtant à l’interview. Dans l’exercice du micro-trottoir, les questions posées sont souvent d’une grande bêtise, ce qui donne tout de même l’avantage du comique involontaire. Ajoutons, de surcroît, que le journaliste sélectionnera les réactions qui lui conviennent.
Ce qui est certain, c’est que dans l’immense majorité des cas les gens qui donnent leur avis ne connaissent absolument rien à la question débattue. Ils ont une opinion, ce qui est leur droit, mais cette opinion, aussi peu étayée soit-elle, deviendra, plus ou moins, une vérité par sa diffusion médiatique.
C’est à ce point, que des personnalités d’importance éprouvent souvent le besoin de répondre à des gazouillis les mettant en cause, craignant que l’opinion de X ou Y ne devienne par sa diffusion une information.