« Lisons ce qui est écrit, notamment par ces intellectuels ou politiques qui, juste après le Bataclan, nous sommaient de ne pas céder à la « politique de l’émotion » (car c’était là, d’évidence, le danger principal)… Comme chacun peut le constater, leurs libelles actuels tiennent la promesse de ce vœu de grand calme. Ils se signalent en effet par la sobriété, les arguments rationnels et une parfaite maîtrise des affects. Voyez ce flegme admirable: l’extension de la déchéance aux binationaux terroristes nés français est une «infamie» (Thomas Piketty), un «attentat contre la République» (Edwy Plenel), une «ignominie» (Pouria Amirshahi), une mesure «criminelle» (Eric Fassin), un changement de définition de la République (Arnaud Montebourg), une «faute morale» (Guillaume Balas) qui donne «la nausée» (Jean-Luc Mélenchon). Et voici qu’on «like» à tour de doigts la une du Manifesto, qui a très subtilement nommé le président de la République «François Le Pen»! »
Telle est l’introduction d’un article de Denis Hanne (juriste) intitulé : « Face à la déchéance de la nationalité, l’outrance des critiques leur fait perdre toute valeur ». Il a été reproduit dans Slate.fr, mais a d'abord été publié le 26 décembre par la revue Res Publica.
Par les termes employés, on voit la tragédie vécue par ceux qui s’indignent et s’opposent au retrait de la nationalité française à ceux qui brûlent leur passeport français avant de rejoindre les égorgeurs, en espérant revenir massacrer leurs « compatriotes » sans armes dans une salle de spectacle ou à une terrasse de café.
Si vous avez un peu de temps, car l’article est long, je vous invite à le lire dans son intégralité car il montre à quel point une partie de la gauche pédale énergiquement mais inutilement dans la choucroute, à la fois par une idéologie manifestement dépassée quand le pays est menacé, mais aussi par ignorance réelle ou simulée des lois existantes, l’ignorance venant au secours de l’idéologie.
Cette partie de la gauche n’a plus grand chose à défendre. Le prolétariat s’est détourné d’elle, et elle n’a trouvé comme pis-aller que les musulmans en tant que damnés de la terre, ce qui amènent des gauchistes athées et féministes à défendre une religion misogyne. Ce qui la pousse également à rechercher tout débat lui permettant de brandir le spectre de la perte des valeurs qu’elle interprète à sa guise, et du totalitarisme. Ce débat sans intérêt tombe donc à pic pour lui permettre de hurler au loup et de faire oublier ses échecs et son inconsistance.