De tous temps les dirigeants se sont vantés de ce qu’ils ont accompli et leurs opposants (lorsqu’ils existent) se vantent de pouvoir faire mieux. Le politicien (sexe indéterminé) que l’on interroge est toujours très content de lui et lorsqu’on lui rétorque que les résultats de ses décisions ne sont pas à la hauteur de ses affirmations, il répond que la crise en est responsable (il existe toujours une crise quelque part). Lorsqu’on dit à un opposant que ses projets sont irréalistes, il répond que - lui - peut les réaliser alors que ceux qui sont au pouvoir en sont incapables ou font volontairement capoter le pays par malveillance.
Il s’agit là d’une publicité individuelle quasiment artisanale.
Il me semble que la publicité politique aurait intérêt à passer à un niveau supérieur et prendre exemple sur les dirigeants de la République démocratique du Congo (RDC).
En feuilletant Le Point du 21/07/11, je suis tombé sur un communiqué, en principe un communiqué c’est bref, là il y avait 10 pages vantant l’action de l’état de RDC avec la bobine souriante de tous les dirigeants du pays, chacun se glorifiant de ce qu’il a accompli. Ce communiqué pléthorique est paru en France sans doute pour solliciter des investisseurs et les touristes.
Je ne suis jamais allé en RDC et j’ignore la situation réelle du pays, pourtant je sais que la Banque mondiale estime que l’état de RDC n’est guère efficace, que 71% de la population, qui s’élève à 66 millions, vit dans la pauvreté, qu’à Kinshasa 2/3 des « actifs » sont au chômage, qu’une épidémie de choléra y sévit, maladie infectieuse frappant les pauvres et indice d’une hygiène défectueuse, que des soldats déserteurs errent dans le pays et que le 11 juin dernier, 150 d’entre eux se sont livrés à 127 viols dans un village, les femmes ayant été abandonnées par leurs maris, ceux-ci préférant, courageusement, se réfugier dans la brousse, ce qui ne les a pas empêchés à leur retour de rejeter leurs épouses condamnées à être des « filles à soldats ».