Ils sont quatre des forces de l’ordre. Quatre qui se préparent soigneusement. Tout est dans la préparation. Ils vérifient leur équipement : engin à cogner, engin à électricité, engin à balles, talkie-walkie. Attentifs, ils parlent peu. Ils sont prêts.
En file indienne, ils se dirigent vers leur véhicule, un véhicule banalisé, bien que rien ne soit banal lorsqu’on part en mission. Pour quelle mission partent-ils ? Une intervention sur un braquage où des malfrats retiennent quelques bonus en otages ? Une souricière à St Denis pour arrêter les vendeurs de drogues qui fournissent en plein jour les drogués qui sombrent en pleine nuit ? Maîtriser à leurs risques un forcené qui aimerait bien se farcir un policier ? (tous les goûts sont dans la nature).
Ils traversent la ville sans gyrophare pour ne pas se faire repérer. L’atmosphère est tendue dans la voiture. Ils ont mal dormi.
Ils s’arrêtent à un carrefour et les quatre descendent sans précipitation. Ils se postent devant une banque, bien d’aplomb sur leurs jambes, un peu en retrait, invisibles du carrefour. Le piège est en place.
Le moment est venu. L’un d’eux bouge, met la main à la poche et siffle pour arrêter une voiture dont le conducteur en sortant du carrefour vient de s’engager, bien malgré lui, dans le couloir du bus.
On respire. C’est bon de se savoir protégé.
Je ne connais pas le nom de l'auteur de cette photo