Depuis que la tête de Louis XVI tombât dans le panier, les Français furent rarement tendres pour leurs dirigeants. Les derniers ont été gâtés : les tics de Sarkozy et la normalité molle de Hollande ont été moqués. Avec Macron, on n’est plus dans la critique ou la moquerie, mais dans la haine. L’opposition, quelle que soit sa couleur, n’hésite pas proclamer : « tout sauf Macron ». Tout, c’est à dire les extrémistes qu’ils soient à gauche chez les adorateurs de feu le dictateur Castro ou à droite où l’on trouve, quoi qu’ils puissent dire, des nostalgiques de l’Etat vichyssois. Je suis loin d’être un laudateur de l’actuel président, j’ai beaucoup de critiques à son égard et certaines sérieuses, mais pourquoi tant de haine ? Certes, il a fait du champ politique un champ de ruines en faisant exploser les deux partis qui dirigeaient la France en alternance depuis des décennies. Il est certain que les partisans de l’un comme de l’autre ont des raisons de lui en vouloir, mais on ne peut pas à la fois espérer un changement du monde politique et de son personnel, et haïr celui qui a tenté de le faire, même si c’est par ambition personnelle (ce qui est le cas de tous les politiques) au point de préférer les extrêmes plutôt qu’un dirigeant modéré aussi critiquable soit-il. Un dirigeant qui, de plus, fut confronté pendant son mandat à des crises inédites et dont la responsabilité, pour la plupart, devraient être attribuée à ses prédécesseurs plutôt qu’à sa propre action. Je ne pense tout de même pas que cette haine puisse être liée au péché mignon des Français qui est l’envie. L’envie de voir un homme jeune, assez bien de sa personne, probablement doué (c’est pourquoi je m’étonne de ses bévues), à qui tout a réussi jusqu’à atteindre la fonction suprême contre toute attente, sans passer par le cursus politique long et périlleux suivi par tous. Intolérable.