Après le carnage de Nice, j’avoue que les critiques du gouvernement par l’opposition me mettent mal à l’aise. Une volée de bois vert indécente, les cadavres n’étant pas encore en terre, opportune, dans une visée politicienne, et pourquoi ne pas le dire, injuste.
Car quelles auraient été les dispositions à prendre pour empêcher précisément cet attentat perpétré par un individu qui n’avait manifesté aucune attache avec l’intégrisme islamique ? Certes, quelqu’un, quelque part, doit se mordre les doigts d’avoir maintenu son permis de séjour à ce délinquant violent condamné avec sursis. Nous avons suffisamment de délinquants français d’origine maghrébine pour ne pas en importer de nouveaux de Tunisie.
Comment au niveau gouvernemental aurait-on pu empêcher cet attentat ? En augmentant les forces de sécurité à Nice ? Comment peut-on penser qu’un effectif supplémentaire aurait pu faire obstacle à ce poids lourd de 19 tonnes fonçant à pleine vitesse sur la foule à moins de disposer de tanks et d‘artillerie ? D’autres obstacles ralentisseurs auraient pu être prévus, encore fallait-il anticiper l’événement.
Estrosi, le maire de fait de Nice, immédiatement monté au créneau, le plus virulent dans ses critiques tous azimuts, n’est-il pas le plus virulent, justement parce qu’il se sent un peu merdeux. Il peut être très fier de la vidéosurveillance installée dans sa ville : les caméras ont bien montré avant l’attentat les déplacements du semi-remorque, mais ils n’ont intrigué personne, ni la police municipale dans les rues, ni les surveillants de la vidéo. Personne du service municipal n’a trouvé bizarre qu’un tel poids lourd se promène (même dans les zones interdites aux poids lourds) et stationne sans rien livrer et sans rien embarquer. Ce camion qui semblait n’avoir aucun but aurait pu également être piégé.
Alors, Mr Estrosi et consorts, pourquoi ne pas vous taire ?