A notre époque où l’égalité entre les sexes est à juste titre recherchée et où certaines voudraient même que l’humanité ne soit plus structurée en hommes et femmes, on peut s’étonner de l’abondance de la presse destinée spécifiquement aux femmes.
Quand on voit les titres sur la couverture du magazine ci-dessus, on peut se demander si ceux et celles qui s’adressent aux femmes ne les prennent pas pour des débiles. Ce qui conduirait à penser que rien n’est plus misogyne qu’un magazine destiné aux femmes bien que le plus souvent dirigé et rédigé par celles-ci, rédactrices qui se conduiraient en définitive comme des collabos des antiféministes.
Alors, je pose la question : pourquoi les féministes pure et dures permettent-elles que les femmes soient prises pour des demeurées dans ce genre de littérature qui leur est réservée ?
Bien sûr, les pures et dures pourraient me dire : vous voyez ce que la pression sociale est capable de faire pour formater les femmes en les rejetant dans un stéréotype bien déterminé et de préférence sous doué.
Peut-être, mais si cette presse féminine existe c’est parce qu’elle se vend et que ce sont les femmes qui l’achètent. On retombe dans le problème inextricable de l’œuf et de la poule.
Mais, à l’inverse, il serait également misogyne de souhaiter la disparition, même par égard pour les femmes et par souci d’égalité, d’une presse indirectement misogyne par la futilité habituelle de son contenu, mais dont l’existence est souhaitée par la majorité des femmes à côté d’une presse unisexe qui ne fait pourtant pas défaut.
C’est compliqué. D’autant plus que l’on pourrait me qualifier de misogyne pour avoir considéré, peut-être injustement, que les sujets qui intéressent une majorité de femmes ne sont pas dignes d’intérêt.