Il y a des bourses pour les actions des entreprises. Il y a des salles de vente pour les objets d’art. Il y a le top 50 pour les chansons. Il y a la liste des meilleures ventes pour les livres et bien d’autres classements, mais rien pour la valeur marchande des émotions et des actions humaines.
Il est urgent de combler cette lacune et je propose la création d’une salle des ventes où l’on pourrait vendre aux enchères de l’humain et en établir ainsi la valeur commerciale. Donnons quelques exemples pour montrer la pertinence de cette proposition :
Personne ne sait ce que peut rapporter les images de parents ayant perdu leur enfant dont la cotation devrait être majorée par la présence de larmes sur les visages. Les images de guerre ou de catastrophes se vendent dans le monde entier, mais l’estimation de leur valeur devrait tenir compte du nombre de cadavres visibles et de leur état.
Vous voyez qu’il est impératif d’établir une cotation sérieuse alors que ce domaine d’activité est manifestement déréglementé et livré au hasard. Les commissaires-priseurs seront là pour vérifier l’authenticité des images, s’en montrer garant et repérer les faussaires qui risquent de proposer à la vente de fausses images de malheurs, comme celles de faux charniers ou de fausses opérations militaires.
Comme toujours c’est la rareté qui conduira à monter les prix. La multiplication d’un type d’images provoquera sa dévalorisation, comme celles de chômeurs en détresse qui n’ont plus guère de valeur marchande, ou celles des miséreux dormant dans des cartons devenues d’une grande banalité et que l’on a de ce fait sorties du marché.