
Egon Schiele "Agonie"
AGONIE
L’agonisant sur son grabat
A déjà enfilé son crâne de squelette
Sa peau a abandonné sa tête
Noyé dans des couvertures en amas
Aux couleurs vivantes et colorées
Ses mains veulent peut-être prier
Mais il n’est plus là
Il n’a plus peur
Il est ailleurs
Le prêtre à tête de boxeur en colère
Couronnée de sa tonsure
Sa barbe noire en jugulaire
Il prend, il ceinture
Dans le cercle de ses bras écartés
Tête basse prêt à foncer
Son œil globuleux fixé
Sur l’âme de l’agonisant
Il veille plus qu’il ne prie
Il surveille le mourant
Il est à lui
Mais l’agonisant s’est échappé
Il est trop tard
Il n’est plus à personne
Il n’est nulle part
Paul Obraska