
Edgar Degas « Absinthe »
LE LIEN
Regard perdu dans un rêve désabusé
La femme d’une tristesse épaisse
Devant la liqueur opaline entamée
Ses épaules lasses s’affaissent
Ses bras pendent fatigués
L’homme fume le regard ailleurs
Etrangers
Attablés ici pour vider leurs heures
L’absinthe réunit le couple amer
Côte à côte sans se toucher
Pour vider quelques verres
Pour se noyer l’esprit
Chacun perdu et solitaire
Les deux recherchent l’oubli
Encore une fois devant un verre
Ensemble et désunis
Paul Obraska