René Magritte "La géante"
LA GEANTE
L’homme dans sa vie d’errance
Rencontra un jour une géante
La femme inattendue, immense
A la nudité impressionnante
Le regard de l’homme stupéfait
Suivit les hautes colonnes galbées
Qui montaient, montaient, montaient
Jusqu’au triangle aimé des perditions
Jusqu’à l’ample nid de l’Humanité
L’homme qui ne cherchait que sa satisfaction
Posa son regard sur les sphères du désir
La femme géante leva les bras
Et lassée poussa un soupir
En révélant ses appâts
Comme une invitation
Se voulant dominateur même d’en bas
L’homme chercha son regard en vain
La femme détourna les yeux avec ostentation
Un peu méprisante
Le regard lointain
La femme n’était pas géante
C’est l’homme qui était nain
Paul Obraska
AUX FEMMES
Femmes exposées nues à chaque coin de rue
Femmes rendues honteuses au corps masqué
Femmes épousées de force par des inconnus
Femmes abandonnées une fois engrossées
Fillettes au sexe mutilé pour ne pas jouir
Filles coupables d’avoir été violées
Femmes contaminées sans pouvoir rien dire
Femmes battues pour une soupe en retard
Femmes tuées dans des relents d’alcool
Filles impubères vendues aux vieillards
Fillettes assassinées après l’école
Femmes prostituées que l’on met au pas
Filles esclaves de gens sans parole
Femmes-bétail juste bonnes à mettre bas
Femmes cachées, forcées, répudiées, vendues
Femmes, exploitées, prostituées, battues,
Femmes violées, mutilées, tuées
Au nom des hommes demeurés
Au nom des hommes sans nom
Je vous demande pardon
Paul Obraska