Les hommes et les femmes
politiques cachent leurs pensées secrètes en utilisant pour communiquer une langue de bois taillée sur mesure. Mais il arrive que le bois se fissure et Freud nous a appris que l’irruption de
l’inconscient pouvait se traduire par des lapsus ou des déclarations révélatrices. Les journalistes les relèvent avec délectation.
En voici quelques exemples[1] :
Raymond BARRE : « Quand le moment est venu, l’heure est arrivée ». Je pense aussi que là où il n’y a pas de bornes, il n’y a plus de limites. Le meilleur économiste du moment avait mis la barre très haut dans le raisonnement logique. On se souvient aussi de sa déclaration lors de l’attentat de la synagogue de la rue Copernic où, en perdant la boussole, il déplorait que cet acte terroriste aurait pu blesser des Français innocents.
Le député Robert-André VIVIEN à propos d’un texte visant à taxer en 1975 l’industrie du cinéma porno : « Messieurs, il faut durcir votre sexe ! ». A noter que ce lapsus est orienté et cohérent car il ne s’adressait qu’aux hommes et pas aux dames de l’assistance.
Jean-Louis BORLOO : en parlant du premier ministre Dominique de Villepin : « Le premier minus a eu raison ». On sent déjà l’envie de le remplacer.
François BAYROU : « Si je suis élu, rien ne changera en France ». On ne saurait mieux définir le programme des centristes.
Bertrand DELANOË : « Le vrai changement au PS, ce serait de gagner ». Là aussi, le programme de gouvernement a l’avantage de la simplicité.
Martine AUBRY : « Ségolène Royale aura la place qu’elle souhaite dans le Parti socialiste, même si la plupart sont déjà occupées. » Si madame veux bien se donner la peine de s’asseoir sur un strapontin éjectable.
Nadine MORENO. Assez bonne dans ce domaine : « Je suis sarkozyste jusqu’au bout des globules ». L’ennui, bien sûr, est que les globules n’ont pas de bout et ils s’en vont quand ça saigne.
Eric WOERTH, en nageant dans l’affaire Bettencourt où il a fini par se noyer : « J’ai lancé toutes les procédures pour renforcer la fraude fiscale ». Je pense que de ce point de vue on pouvait lui faire confiance.
Nicolas SARKOZY : « Le problème, en France, c’est qu’on hérite trop tard ». Voilà une piste lancée pour résoudre les problèmes de la dépendance.
Salvador Dali : « L’image disparait »