Martine Aubry, interrogée sur France Inter le 20 octobre dernier à propos de la baudruche verte de Paul McCarthy exposée pendant 48 heures sur la place Vendôme, et retirée après avoir été vandalisée et son créateur agressé, a déclaré que l’art se devait d’être provocateur, de « s’engouffrer dans la brèche », de « mettre le doigt là où ça fait mal ». Etant donné que McCarthy n’a pas caché que son œuvre pleine d’air intitulée « Tree » pouvait aisément évoquer un plug anal, sex-toy dédié à la sodomie, je salue le réalisme cru du commentaire de Martine Aubry, à moins qu’il ne s’agisse d’humour (ce qui ne semblait pas être le cas).
Quant à « Tree », son auteur peut être satisfait, son nom est sur toutes les lèvres et il fait l’objet de myriades d’articles. Pour ma part, je ne vois pas où est la provocation qui, d’ailleurs, ne me parait pas être le but premier de l’art. Cet « artiste » semble avoir comme seule source d’inspiration le « pipi-caca-zizi » qui date un peu car inauguré il y a près d’un siècle par Duchamp avec son urinoir intitulé « Fontaine », les sex-toys se trouvent à tous les coins de rues et s’étalent sur internet, quant aux colonnes, y compris celle de la place Vendôme, elles peuvent toutes être interprétées comme des phallus en érection.
Je remercie cependant McCarthy ne m’avoir montré un plug anal – et de surcroît de 24 mètres de haut - alors que je n’en avais jamais vu, même en petit format, ce qui manquait cruellement à mon éducation. Il semble que ceux qui ont été immédiatement outrés par cet objet sans intérêt érigé dans le cadre de la FNIAC, et qui ne méritait que de l’indifférence ou de l’ironie, connaissaient parfaitement sa signification canalaire, ce qui prouve qu’ils sortent beaucoup.
Pour ce qui concerne les œuvres suggestives, je préfère nettement le « Cornichon érotique » de Londres qui, lui, ne manque pas de beauté.