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Places

Erro : "voitures"

La place de Clichy à Paris est renommée pour ses embouteillages. Quand je prends le bus, je descends avant pour ne pas contempler longuement le toit des voitures et entendre les klaxons que les conducteurs pressent avec énergie, mais en vain, pour faire avancer les files totalement insensibles à leurs sollicitations énervées. Depuis que j'ai bazardé ma voiture qui n'a plus d'utilité à Paris depuis que j'ai arrêté mon activité professionnelle, je regarde ces embouteillages avec un certain plaisir pervers, petite compensation à la liberté perdue que me donnait ma monture.

C'est aussi place de Clichy que j'ai vu aujourd'hui un couple à l'habitus maghrébin dont la femme portait le voile,  mais également une jupe longue fendue jusqu'à mi-cuisse. J'ai trouvé le compromis intéressant.

Afin de me désintoxiquer (des embouteillages et de la pollution qu'ils dégagent), je suis monté sur les flancs de Montmartre pour atteindre une de mes places préférées de Paris : la place Emile Goudeau, et m'asseoir sur un de ses bancs afin jouir de cet l'endroit chargé d'une belle histoire.

Le bateau-lavoir

 

Sur la place Emile Goudeau, les arbres entrelacés

Veinent par l’ombre de leurs bras nus et noirs

Le quadrillage bossu des pavés penchés

Que le soleil peint sous leur pochoir.

 

Les réverbères efflanqués et solitaires,

Eteints le jour, tels des noctambules endormis,

Attendent patiemment que vienne la nuit

Pour nous faire partager leurs lumières.

 

La place Emile Goudeau, de son perchoir,

S’incline vers les Abbesses par la rue Ravignan.

Sortis des cendres du bateau-lavoir,

Des fantômes qui furent dissidents

Viennent se reposer de leur gloire,

A l’ombre des arbres, sur les bancs.

 

Peintres et poètes surgissent comme des mirages

Dans le viseur des chasseurs d’images,

Le déclencheur avide de ces lieux légendaires,

Où sont passés Picasso, Gris, Apollinaire,

Braque, Max Jacob, Vlaminck, Modigliani,

Marie Laurencin, Van Dongen ou Dufy…

 

Ils ont quitté depuis longtemps la place inclinée,

Mais derrière eux un parfum de poésie persiste

Et le promeneur en ces lieux se met à rêver

A l’éclosion magique de ce bouquet d’artistes.

 

Paul Obraska

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S
Beau poème sur une belle place à l'ombre d'artistes d'une époque révolue mais présente par ses figures mythiques comme la Goulue à qui on doit le Cancan. A deux pas de la place que vous évoquez, le Jardin Louise Weber dite la Goulue<br /> Le tableau d'Erro, "Voitures", en illustration, évoque les casses auto.<br /> Plus actuel, l'enseigne : "recycleur de l'automobile".
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P
Une description poétique de cette place elle-même poétique.
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L
Belle ode à cette place Godeau que je ne crois pas connaître ou alors je la connais sans connaître son nom !
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