Il me semble qu’en ce moment les Français vivent une période molle. Ils viennent d’élire leur président de la République qui avoue
lui-même ne pas avoir de charisme jusqu’à en faire un argument de campagne. Le gouvernement est en place, mais il n’est pas certain qu’il soit définitif puisque les résultats des législatives
peuvent en modifier la composition si un ministre est recalé par les électeurs. L’Assemblée nationale vit ses derniers jours et on ne peut exclure un changement de premier ministre et de
gouvernement en cas de cohabitation. La campagne pour l’élection des nouveaux députés n’intéresse personne, les promesses ayant déjà été formulées lors de l’élection présidentielle. Les médias,
un peu perdus, ont du vague à l’âme après avoir fortement chauffé au mois de mai et, en matière de politique intérieure, sont obligés de se concentrer sur les péripéties du duel nordique entre
deux nostalgiques du passé qui cachent plus ou moins mal leurs sympathies pour les meurtriers de l’histoire. Les journalistes restent à l’affût en espérant quelque dérapage des nouveaux ministres
ou des retombées des confrontations fraternelles jusqu’à l’étouffement à la tête des partis Et aucune reine pour monter un grand spectacle distrayant. BHL a bien tenté de déclarer la guerre à la
Syrie mais il est resté seul avec son drapeau sur le pont médiatique, les Hollandais n’ont pas suivi. Alors les Français vivent une période molle en attendant que le ciel leur tombe sur la
tête.