J’ai eu la curiosité d’aller sur le réseau « twitter » où les gens lâchent des petites phrases comme on lâche des pets que l’on ne retient pas. Et, en effet, on ne les retient pas, ces gazouillements (« tweets ») n’ayant, pour leur immense majorité, aucun intérêt et dignes de cervelles d’oiseau car ils n’expriment en général qu’un sentiment (je n’ose pas dire une pensée) passager et épidermique. Bien sûr, on peut me rétorquer que mon exploration est injuste car forcément limitée et dans le temps et dans l’espace, mais la résistance humaine a des limites.
Ce qui est étonnant, c’est le succès de cette entreprise qui a astucieusement misé sur la paresse d’esprit, dispensant les auteurs de ces « tweets » de tout développement et de toute argumentation. On comprend que les politiciens soient de grands amateurs de ce réseau car il leur permet d’assurer leur publicité à moindre frais aussi bien sur le plan économique qu’intellectuel. Si des nouvelles brèves peuvent ainsi diffuser rapidement elles peuvent aussi avoir l’efficacité de la rumeur. Les blogs peuvent avoir le même défaut mais en général les billets sont plus étoffés, ce qui ne garantit cependant pas leur véracité si la source n’est pas indiquée.