Le premier est illustré par le diagramme ci-contre montrant la proportion d’immigrés par rapport à la population pour les dix pays qui en reçoivent le plus, car il montre que c’est en France qu’elle est l’une des plus faibles puisque seule la Russie en a moins. Pourtant c’est en s’élevant contre les excès de l’immigration que le parti d’extrême droite est devenu le deuxième parti de France, et a disputé à deux reprises la finale des élections présidentielles. (Comme des commentateurs de cet article me l'ont fait remarqué, l'immigration de travail sous contrat dans les monarchies du Golfe n'a rien à voir avec l'immigration que connaissent les autres pays, notamment européens)
Le second est que parmi les personnalités qui défendent l’identité française on trouve trois Français d'origine juive : Eric Zemmour dont les outrances affaiblissent les thèses qu’il défend, William Goldnadel qui relève les effets de l’islamo-gauchisme dans la société française et s’élève contre certaines présentations médiatiques des évènements, et enfin Alain Finkielkraut, produit accompli – jusqu’à l’Académie française – de l’école républicaine, qui regrette sa déliquescence et défend les mœurs et la culture françaises.
Là il y a un double paradoxe. Les Juifs ont toujours été accusés de cosmopolitisme, or ces trois personnalités défendent farouchement, jusqu’à se faire honnir, une identité nationale qu’ils estiment, à juste titre, être la leur. Cette identification pouvant aller jusqu’à la xénophobie pour l'une d'elles, alors que les Juifs ont particulièrement souffert d’être toujours et partout considérés comme des étrangers, même lorsqu’ils étaient présents dans le pays avant ceux qui les considéraient comme tels. Cette xénophobie anti-juive, plus ou moins mêlée de religion et surtout de haine sans objet, ayant entraîné au cours de l’histoire : expulsions, bûchers et pogroms jusqu’à l’extermination industrielle. On peut donc s’étonner que les Juifs aient pu atteindre le XXIème siècle en tant que groupe humain jusqu’à refonder une nation sur la terre de leurs ancêtres, et qu’ils soient à leur tour parfois atteint de xénophobie, corollaire trop souvent lié à l’identification.