Les Galeries Lafayette, le temple de la consommation. Noël 2015.
Hier, le journal de 20 heures sur France 2 était presque entièrement consacré aux préoccupations consommatoires.
Nous avons d’abord eu droit au soulagement des hôteliers, des loueurs de skis, des remonteurs de pente et des skieurs car la neige, qui se faisait attendre, était enfin tombée sur les stations de sport d’hiver. Nous avons eu droit aux commentaires de chacun des protagonistes, tout sourire, les uns et les autres déclarant avec une profonde perspicacité que c’est mieux d’avoir de la neige pour vendre des chambres d’hôtel à ceux qui viennent pour skier, et pour louer des skis à ceux qui en sont dépourvus. Les vacanciers, eux-mêmes, skis aux pieds, ont convenu que la neige était utile pour skier, car les cailloux, à la réflexion, ne s’avéraient guère adaptés à la glisse.
Ce reportage rafraîchissant a duré au moins un quart d’heure.
Il a été suivi par les soldes et ses différentes modalités. Là encore, nous avons eu droit à l’interview en « life » des vendeurs et des acheteurs : une belle brochète de vacuités manifestement soldées servies dans le décor rutilant des magasins aux rayons surchargés que les vendeurs espéraient vider et les acheteurs explorer.
La troisième partie ne nous a pas déçus : faut-il acheter des produits industriels ou utiliser des « astuces de grand-mère » pour nettoyer sa maison ? Enfin un vrai problème. Nous avons pu assister à la démonstration époustouflante d’une ménagère sur l’efficacité de l’alcool à brûler et du papier journal pour nettoyer les vitres. C’est vrai que le résultat était nickel et le papier journal particulièrement crasseux. Le reporter en est resté baba et nous aussi.
Le présentateur du « 20 heures », sans doute distrait, nous a parlé pour finir, pendant une dizaine de secondes, d’un événement dramatique s’étant produit ailleurs dans le vaste monde. Il a du probablement se faire taper sur les doigts pour nous avoir réveillés de notre douce hébétude.