La fin de la pandémie favorise le retour exacerbé de la connerie humaine, comme le rebond d’une maladie devenue plus virulente après s’être calmée. Massacres et destructions absurdes en Ukraine déclenchés par le paranoïaque hypocondriaque du Kremlin. Carnaval militaire autour de Taïwan. Déchirements sur le bout de terre où ont poussé les religions du Dieu unique que l’on s’arrache. Pendus pour un bout de tissu céphalique que les
Tartuffe prennent pour un cache-sexe. Défilés hostiles de victimes présumées dans les rues encombrées d’ordures consommées que l’on consume devant les vitrines brisées. Bagarres et fumées autour d’une bassine d’eau. Clowns dans le cirque du Palais Bourbon. CRS devant le Conseil constitutionnel pour protéger la loi, car la loi a besoin, aujourd'hui, d'être protégée (photo de Stéphane Maé). Et toutes les conneries de par le monde que je ne connais pas, dont je ne parle pas ou que j’ai oubliées ou que je veux oublier. Alors, j’ai la nostalgie du confinement. Le monde terrorisé par un minuscule amas de protéines porté par le vent s’était un peu calmé en ne pensant qu’à lui, laissant aux soignants le soin de s’agiter jusqu’à épuisement. J’ai la nostalgie des rues désertes abandonnées aux oiseaux dont on entendait les chants dans un silence enfin revenu dans les villes. « Tout le malheur des hommes vient de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre » disait Blaise Pascal.