Paris est devenu dans la nuit un vieux film en noir et blanc.
Un film muet se déroulant en silence.
La neige étouffe chaque pas précautionneux dans un bruit de succion.
Les rares voitures glissent dans un discret clapotis.
Le ciel est blanc sale. Le soleil hiverne ailleurs.
Seuls les enfants, sortis de leur surprise, s’agitent et prennent à pleines mains la neige encore propre pour en faire des boulets mous qui s’effilochent en l’air une fois lancés sur les cibles enfantines matelassées.
Paris est en noir et blanc comme une vieille bobine du passé que l’on déroule pour les visiteurs que l’on veut épater. Pour être épatés, qu’ils viennent quand elle sera colorisée par le printemps.
Paul Obraska, qui tient à préciser que, malgré le titre, ce n’est pas un texte « racisé »