Hector Berlioz avait, malgré lui, débuté des études de médecine pour suivre les traces de son père Louis qui s’était
d’ailleurs détourné de la médecine classique pour introduire l’acupuncture en France. Hector s’est également détourné de la médecine mais pour créer des chefs d’œuvre. Il s’en est expliqué :
« … quand mon condisciple Robert, m’ayant appris un matin qu’il avait acheté un sujet (un cadavre), me conduisit pour la première fois à l’amphithéâtre de dissection de l’hospice de la
Pitié. L’aspect de cet horrible charnier humain, ces membres épars, ces têtes grimaçantes, ces crânes entrouverts, l’odeur révoltante qui s’en
exhalait […] me remplirent d’un tel effroi que, sautant par la fenêtre de l’amphithéâtre, je pris la fuite à toutes jambes et courus haletant jusque
chez moi comme si la mort et son affreux cortège eussent été à mes trousses. »[1].
Un souvenir qui a du inspirer sa « Danse macabre ».
Claude Bernard était un modeste préparateur en pharmacie à Lyon, sa vocation était de devenir écrivain. C’est parce que ses ambitions littéraires ont été déçues qu’il est devenu un grand homme. Une première pièce, « La Rose du Rhône » est jouée
une fois et il monte à Paris avec une tragédie, « Arthur de Bretagne ». On ne peut que remercier le critique littéraire Saint-Martin Girardin qui, après lecture, lui donne ce
conseil : « Vous avez fait de la pharmacie, faites de la médecine ». Conseil judicieux, car après avoir été l’élève de Magendie, fondateur de la physiologie
expérimentale, il devient en 1854 titulaire de la première chaire de physiologie à la Sorbonne, accumule les découvertes et fait de cette discipline la base du progrès médical. « Introduction à l’étude la médecine expérimentale », lui vaut d’être élu à
l’Académie Française, mais n’est plus étudié qu’en classe de philosophie, réalisant enfin sa vocation.
Louis
Pasteur,
n’était pas médecin et ne le devint jamais en titre, mais a apporté, à la fin du XIX siècle, les plus grands progrès de toute l’histoire de la médecine. Très
doué pour la peinture, notamment le portrait. Chimiste, occupé de bière, de vin, de ver à soie, il fit une entrée fracassante dans le monde médical. Les gens sérieux n’aiment pas les amateurs.
Pour l’asepsie, on lui a reproché de s’occuper de ce qui ne le regardait pas et pour la vaccination, on l’accusait d’exercice illégal de la médecine. De nos jours encore des historiens reprochent
à Pasteur d’avoir redécouvert ce que ses précurseurs savaient depuis longtemps, d’avoir exploité les travaux de ses collègues, d’avoir eu des intuitions justes avancées sur des arguments faux,
des intuitions fausses qui se sont révélées justes par hasard ; le hasard qui a fait réussir des expériences qui auraient dues échouer et le contraire chez ses adversaires. Pasteur n’a
été admis à l’Académie de Médecine en 1873 qu’avec une seule voix de majorité. L’imagerie populaire ne retient de lui que l’homme à barbiche, le portrait qui figure ci-contre est celui de Pasteur
jeune, ça change un peu.