30 Juin 2024
Les journalistes m’étonneront toujours : moins ils ont de choses à dire, plus ils parlent. C’est en particulier manifeste le matin d’élections comme aujourd’hui. Par les images on passe d’un bureau de vote à un autre et d’une personnalité politique à une autre où l’on cherche à fixer pour l’éternité l’image où elle glisse son bulletin de vote dans l’urne, en remarquant, bien sûr, que ce personnage connu de tous fait la queue comme tout le monde. On s’attarde beaucoup sur le centre électoral du Touquet qui a l’honneur de recevoir les bulletins de vote d’Emmanuel et de Brigitte Macron. Des gens attendent longuement le couple pour les voir entrer et sortir. Et les journalistes signalent au monde entier que Macron n'est pas encore entré ou n'est pas encore sorti, une incertitude à l'origine d'un suspense haletant. Les gens ont des obsessions bizarres. On se demande s’ils ne cherchent pas à bénéficier d’une imposition des mains, bien que les écrouelles soient devenues rares. Il est vrai que les écrouelles ont été remplacées par des selfies. On a remplacé l’imposition des mains par des prises de têtes. En fait la seule information délivrée pendant la matinée électorale est le taux de participation et on a le droit à un tour de France de celui-ci avec parfois les noms de villages dont on ignorait l’existence, mais devenant illustres à cette occasion.