Je n’ai pas l’expérience des hamburgers. Je crois n’en avoir mangé qu’un seul et sans
doute par maladresse, ayant perdu de la souplesse dans mes articulations temporo-maxillaires, je n’ai pas trouvé ce met très commode à ingurgiter. Les jeunes aiment les déguster par goût et pour
des raisons économiques et en tout cas sont capables d’en gérer la consommation, ce qui fait un peu mon admiration.
Je m’étais attaqué à un hamburger de taille modeste, mais les hamburgers géants me laissent perplexe et ne me semblent pas dénués de danger. Pour les ingurgiter il faut, en effet, ouvrir la bouche de 8 centimètres ! D’ailleurs M. Hsu Ming-lun, de l’Université nationale Yang-Ming à Taïwan, s’en alarme aussi en constatant, dans le China Daily, la multiplication des problèmes de mâchoires et les dentistes de l’île réclament l’interdiction des burgers géants vendus par deux enseignes de fast-food ou, à défaut, une mise en garde pour le consommateur. Ce que je fais ici.
Malgré quelques efforts des marchands de fast-food, les hamburgers (outre la luxation de la mâchoire) favorisent l’obésité et contiennent des graisses non recommandables qui risquent d’arrondir le taux de cholestérol au chiffre supérieur.
Jadis en salle de garde j’avais, par plaisanterie, proposé de commercialiser des huitres pour insuffisant cardiaque, chacune enrichie d’un peu de diurétique pour éliminer le sel (néfaste pour cette maladie) contenu dans l’huitre. Finalement cette idée n’était pas si farfelue, puisque des médecins ont récemment proposé d’ajouter à chaque hamburger une petite dose de statine, médicament capable d’abaisser efficacement le taux de cholestérol.
Ce qui me rappelle un film où une jeune femme mettait un comprimé dans son verre de champagne et comme on lui demandait pourquoi, elle répondait : « j’adore le champagne mais ça me donne mal à la tête, alors j’y mets un comprimé d’aspirine. »
Bon appétit.