Lettre ouverte
Monsieur le Président de la République,
Je sais que vous êtes un homme très occupé, vous courez à droite et à gauche (plus souvent à droite) et même lorsque vous arrêtez de courir pour sauver la France, vous continuez à courir pour diminuer votre tension, mais dans l’intérêt de la nation (et je sais combien vous êtes intéressé), je me permets d’attirer votre attention (et je sais combien vous êtes attentionné) sur deux faits de la plus haute importance et que les ministres, les commissions, les observatoires, les hautes autorités, les nombreux conseillers dont vous êtes entouré et les média ont omis de vous informer (il est vrai qu’habituellement vous avez la bienveillance de les informer des informations que vous voulez recevoir).
Certes, ces faits ne sont pas nouveaux, mais ils s’aggravent pour atteindre aujourd’hui un point critique (et vous êtes homme à savoir ce que veut dire une crise, vous qui nagez dedans à coups de brasses vigoureuses pour ne pas vous noyer, prouesse qui suscite l’admiration de ceux qui vous entourent, bien que dans le cas contraire ils cessent de vous entourer).
Veuillez m’excuser de ces digressions, mais je n’ai pas souvent l’occasion de correspondre directement avec la plus haute autorité de l’Etat, mes seules correspondances avec celui-ci se faisaient jusqu’à présent par l’intermédiaire des services fiscaux (qui, avouez-le, manquent de chaleur).
Je reviens donc à mon propos : la capitale de la France est menacée.
D’abord, elle risque de s’effondrer. En juillet et août des malveillants creusent partout des trous dans les chaussées et les trottoirs. En rapprochant cette constatation de l’existence des multiples excavations : égouts, métro, catacombes, parkings, tunnels etc…qui fleurissent dans le sous-sol parisien, nous sommes menacés d’une catastrophe dramatique. Certes on peut minimiser les conséquences en arguant que beaucoup de Parisiens sont partis en vacances et que la plupart des victimes ne seront que des touristes étrangers, mais tout de même, le principe de précaution doit s’appliquer même à des étrangers.
Ensuite, la capitale de la France risque de manquer de pain : toutes les boulangeries ferment. Et vous savez (car depuis votre dernier mariage, vous ne manquez pas de culture) que les Parisiens n’aiment pas manquer de pain, car, par un curieux phénomène métabolique, leur tête s’échauffe quand leur ventre est vide.
En espérant que vous prendrez en considération ces informations que je pense du plus grand intérêt (et je sais combien vous êtes intéressé) pour la sauvegarde de la capitale de la France dont la dévastation mettrait fin à son attrait touristique et on imagine mal alors le manque à gagner (et je sais que vous aimez gagner).
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, mes salutations citoyennes les plus respectueuses.
Dr WO