Le mot « guidance », terme équivalent français de coaching, n’a guère eu de succès, il est vrai que sa consonance est moins impérative. Cette activité se répand largement à la manière d’une pandémie. Je ne veux pas parler de l’activité des entraineurs sportifs, des mentors, des tuteurs ou des formateurs qui se livrent à un enseignement dont l’intérêt ne se discute pas, mais du « coaching » qui fleurit dans le monde de l’entreprise, de la politique ou à titre personnel.
La modification du caractère du sujet « coaché » fait évidemment partie de l’activité du « coach », à l’aide d’une psychologie plus ou moins sauvage, pour ne pas dire élémentaire.
A la fin du XIXe siècle un précurseur en la matière a été le Français Emile Coué de la Châtaigneraie, pharmacien ayant le sens des relations humaines, qui, en observant l’efficacité fréquente des pilules de placebo qu’il vendait, eut la brillante idée d’inventer le placébo psychologique sous la forme d’une auto persuasion délivrée de façon pluriquotidienne à l’aide de phrases comme « je vais de mieux en mieux », véritable conditionnement du subconscient jusqu'à ce que l'idée positive se concrétise dans les faits. Son principal ouvrage de « psychologie appliquée » étant « la maîtrise de soi par l'autosuggestion ». Il faut avouer que la « méthode Coué » est largement utilisée dans le monde politique. Les hommes au pouvoir ne cessent pas d’en faire étalage dans les médias, mais elle ne marche absolument pas dans le pays (et probablement sur eux).
J’avoue que le « coaching » dans l’entreprise et la politique m’a toujours un peu étonné. Voilà des personnes qui n’ont comme seule activité que de conseiller des dirigeants alors que ceux-ci ont, par définition, déjà réussi dans leur branche. On peut donc se demander pourquoi ils n’utilisent pas ces conseils pour réussir eux-mêmes, ne pas le faire est manifestement un signe d’incapacité de se réaliser dans la vie active.
Ne parlons pas du « coaching » qui vise à l’épanouissement personnel où on trouve de tout : des psychologues ratés (ou très intéressés), des charlatans, des sectes et en tous cas des personnes qui n’ont réussi nulle part ailleurs et qui prétendent faire réussir les autres dans leur vie personnelle à l’aide de « trucs » le plus souvent élémentaires et que chacun pourrait trouver de lui-même. Mais leur affirmation par autrui et avec suffisamment de charisme apparait comme la délivrance d’un secret dont le « coaché » devient dépositaire après l’avoir le plus souvent largement payé.