Dans un billet du 6 novembre dernier (« Le tube de Mozart »), j’avais rapporté l’étude américaine ayant montré qu’en pratiquant leur coloscopie dans une salle où l’on diffusait de la musique de Mozart, les gastro-entérologues dépistaient plus de polypes coliques qu’en son absence. Que des humains ou à la rigueur des polypes humains soient sensibles à la musique d’Amadeus, cela pourrait se comprendre, mais il semblerait que les microbes ont également la fibre mélomane, et qu’ils travaillent mieux en « écoutant » la musique de Mozart, ce qui parait tout de même étonnant.
« Une usine de traitement des eaux usées allemande a fait des économies substantielles en jouant du Mozart à ses bactéries. Située à Treuenbrietzen, dans le Brandebourg, à 70 kilomètres au sud-est de Berlin, cette station d’épuration a produit 1 000 mètres cubes de boues d’épuration de moins que l’année dernière. » “On leur passe La Flûte enchantée de Mozart en boucles d’une demi-heure”, explique le directeur. Mieux les bactéries travaillent, plus elles digèrent les eaux usées, ce qui produit davantage d’eau claire et moins de boues d’épuration (il faut payer les agriculteurs pour qu’ils les répandent ensuite dans leurs champs). Initialement ce sont des Australiens qui ont constaté ce phénomène dans une de leurs usines de traitement des eaux usées.
Il faut constater que dans chacune de ces expériences, c’est la musique de Mozart qui fut choisie et qu’elle conduit, qu’il s’agisse des hommes ou des microbes, à une plus grande efficacité dans le travail. On aimerait que la musique de ce génie soit diffusée dans des lieux moins prosaïques qu’une salle de coloscopie ou une usine d’eaux usées. Doit-on la proposer dans le cadre d’autres activités ? Que diriez-vous de la passer en boucle à l’Elysée ou à Matignon ? En écoutant cette belle musique peut-être que moins de bêtises y seraient dites et peut-être faites. Mais si les bactéries ont bon goût, il n’est pas certain qu’il en soit de même pour tous nos dirigeants. Par ailleurs, il est plus probable que les microbes se multiplient davantage plutôt que d’activer plus énergiquement leurs petits bras et il n’est peut-être pas opportun de multiplier nos politiciens.