On se demande ce qui pousse les traders à vouloir gagner toujours plus d’argent (ce ne sont pas les seuls) et surtout à prendre des risques inconsidérés. En avril dernier – donc bien avant la crise financière actuelle – une étude a été réalisée par deux chercheurs (dont le premier est un ancien trader reconverti dans les neurosciences et le second appartient à l’Université britannique de Cambridge), parue dans la Revue de l’Académie américaine des sciences, elle a porté sur l’influence de la testostérone dans le fonctionnement des marchés financiers en s’intéressant à des traders travaillant à la City de Londres. Elle a mis en évidence chez ceux-ci une forte augmentation de la testostérone en cas de gains importants pouvant aller jusqu’à 74 % ! Cette poussée d’hormone mâle pourrait rendre les traders inconscients des risques pris car elle aurait « des propriétés addictives largement liées à l’augmentation de la dopamine (…) dans le noyau accumbens, une région du cerveau dont on sait qu’elle est stimulée par la prise de risques irrationnels ». Si le marché est moins favorable, il est observé un pic de cortisol secrété par les surrénales et qui n’incite pas davantage à la prudence.
Une seconde étude plus récente réalisée par des chercheurs d’Harvard aboutit aux mêmes conclusions : une augmentation du taux de testostérone pendant une longue période peut entraîner des prises de risque irrationnelles
On se demande donc s’il ne serait opportun de confier les marchés financiers aux femmes (ou à la rigueur aux hommes âgés) en évitant les mâles aveuglés par leur esprit de compétition et poussés par leur testostérone.