Dans un monde où les religions supportent mal que l'on puisse rire de leurs croyances alors qu'elles peuvent paraître risibles à ceux qui ne croient pas.
Mais celles qui le supportent montrent par là qu'elles sont plus sûres d'elles et que le rire ne peut entamer la foi de leurs fidèles.
A une époque où l'islam condamne la moindre dérision sur Mahomet, homme de chair et de sang, devenu paradoxalement une idole alors que ce prophète avait condamné la moindre idolâtrie.
Dans un temps où le rire peut être condamné par ceux qui ont perdu la faculté de rire et où l'on peut mourir pour avoir ri. Voici quelque images d'hommes qui rient.
"L'homme qui rit" d'Antonello de Messine est plutôt un homme qui sourit. Un sourire subtil remarquablement exprimé par la bouche et les yeux.
La bonne humeur est plus manifeste chez Quentin de la Tour (autoportrait)
"L'homme qui rit" de Rembrandt est plus inquiétant. Peut-être parce que son habit parait être celui d'un militaire et on ne sait pas trop ce qui peut faire rire un homme supposé armé. En fait, il s'agit d'un autoportrait peu flatteur du peintre, mais il ne se flattait guère en se peignant.
Le rire de Démocrite, peint par Joannes Moreelse est plus franc. Peut-être ce philosophe de l'Antiquité rit-il d'avoir écarté les dieux pour expliquer le monde par sa théorie atomiste.
Mais celui qui a fait du rire l'unique sujet de son œuvre est le peintre chinois Yue Minjun. Un rire fou, décalé, sans la moindre joie. Un rire à la frontière de l'horreur et de la mort. Un rire protestataire.