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Les impertinences du Dr WO

LES FORMES DE L'EAU II


 
LES FILS DE LA MER   Nourris de la mer, poussés par le vent, les fils volages Quittent les flancs aquatiques pour nicher dans le ciel Dans la mer nourricière se reflète leur image Doucement balancée par la houle éternelle   Fils légers, inconstants, aux volutes diaprées Ils prennent leur envol incertain vers la terre La mer, épouse des gouffres immergés Oscille pesamment sous la caresse lunaire   Les fugueurs ne connaissent qu’un court destin Ils doivent rendre à la mer ce qu’elle leur a donné Fils prodigues, ils retournent en son sein   La mer possessive accueille dans ses flots Ses enfants vaporeux au périple aérien
Matrice prolifique, elle reprend ses eaux

Paul Obraska


undefined VENTS Les vents écartelés, voyageurs invisibles Entre levant et ponant ou septentrion et midi Promènent sur la Terre leur force invincible De dépression en dépression jusqu’à la folie   Ils rendent ridicules même les plus beaux Décoiffent les dames et soulèvent leurs atours Courbent les hommes et volent leur chapeau Sous leurs risées, ils jouent de mauvais tours    Papiers et feuilles valsent en mesure Les ballons abandonnés roulent sans arrêt Les perruques dévoilent les tonsures Battent les portes, claquent les volets   Ils fouettent sans égard les drapeaux déchirés Les bâches arrachées ondulent comme des oiseaux Nappes retournées, chaises renversées Craquent les voiles, emportent les bateaux   Le grondement des vents grossit dans les bois Les arbres gémissent, les racines cramponnées Les ramures en folie se révulsent aux abois Dans un barrit ligneux, ils sont déracinés   Les vents irascibles secouent la mer Blanchissent ses crêtes hérissées Les vagues affolées se ruent sur la terre Et vomissent sur le sol leurs hoquets salés   Une brise persiste sur les lieux brisés Un zéphyr doucereux caresse les visages Une main légère pour se faire pardonner D’avoir, en colère, commis tant de ravages   La mer exténuée clapote sur les rivages Frangée de détritus, d’algues et d’épaves Lutteuse marquée par un combat sauvage Elle laisse stagner de sa bouche la bave

Paul Obraska
  
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 POUTRES  Poutres mortes du ponton Clouées en croix sans crucifié Bois tondu par les moutons Des sempiternelles marées   Poutres plongeantes, rongées Par les algues et les coquillages Grimpés le long des travées Grappins vivants à l’abordage   La vie goulue grimpe sur les morts Engloutit lentement les carcasses Festin patient des corps sur les corps La volonté d’être aux plus voraces   Poutres du ponton battues par l’Atlantique Tréteaux où se joue un spectacle magique : Le secret de la mort transmutée en vie Par une prodigieuse et divine alchimie

Paul Obraska

 

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O
Beau sonnet. (Du coup, c'est moi qui fait le commentaire) Dr WO
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L
Mer, fleur d'amour carnivore Tes longs cheveux enlacent Sans relâche le coeur fidèle De tes fils amoureux Nulle nymphe à la beauté douloureuse Ne sait les retenir Loin de tes rivages Plus de quelques nuits Les rivières des larmes interdites Au nom d'un courage imposé Se tarissent de n'avoir pas coulé. Tes fils te donnent leur vie et Leur force dans une piété soumise. Ils t'offrent aussi leurs orphelins et leur veuve.
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O
Une construction humaine, rongée, qui résiste aux éléments. Merci de votre commentaire. Dr WO
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B
eau, vent, poutre. on pourrait croire à un intrus, mais à la lecture la poutre a bien sa place.<br /> les éléments contre la poutre .
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L
J'ai passé un agréable moment à savourer tes mots, en te lisant les images défilaient sous mes yeux<br /> lili
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S
Bonjour, j'adore l'ambiance que tu crées en jouant avec les mots. C'est magnifique. A très bientôt<br /> Silvia
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