Dans les tueries de Montauban et de Toulouse, en raison de l’origine des victimes, on pouvait penser que le fanatique fou (pléonasme) était un raciste d’extrême droite (bien que l’assassinat de militaires cadrait mal avec cette hypothèse, les néonazis ayant un goût maladif pour l’uniforme), ce qu’avaient suggéré quelques politiques en visant implicitement les positions prises par Marine le Pen. Il se trouve qu’il s’agit très probablement d’un illuminé islamiste, ce qui vient renforcer ces mêmes positions.
Ainsi un même évènement peut trouver une explication dans deux fanatismes opposés. Les extrêmes se touchent.
Aujourd’hui, à Montauban, dans l’éloge funèbre des trois militaires tués, Nicolas Sarkozy a déclaré : "Cet homme voulait mettre la République à genoux, la République n'a pas cédé, la République n'a pas reculé, la République n'a pas faibli". Ainsi le Président en place, responsable de notre sécurité, prend la posture d’un chef de guerre avec des intonations gaulliennes. On pourrait lui faire remarquer que ce tueur dont on connaissait, semble-t-il, les antécédents et qui aurait été l’objet d’une surveillance (mauvaise), n’a donné lieu à aucune perquisition dans le cadre de la lutte anti-terroriste, ce qui aurait permis de découvrir des armes. Je trouve que Nicolas se touche un peu en tirant à l’extrême la couverture à lui, alors que ces tueries auraient sans doute pu être évitées. Mais nous savons maintenant grâce au chef de l'Etat que notre République est si fragile qu'elle est à la merci d'un tireur fou.