J’engage les anti-masques à cesser de fantasmer sur la signification et la nocivité des masques sanitaires car je crains que cette garniture, qu’ils qualifient de muselière destinée à tester notre servilité, restera présente sur nos visages pour de longs mois lorsque d’autres visages se trouveront à proximité. Sur les faces masquées nous ne voyons que le front, les sourcils, les yeux et accessoirement les cheveux plus constants chez la femme que chez l’homme. La bouche si expressive disparaît mais aussi les rides d’expression qui l’encadrent, et que peu regretteront, il va falloir apprendre à lire celles du front. Nous sommes amenés à lire le tiers du visage. Certaines personnes sont avantagées pour cette lecture, ce sont celles qui fréquentent régulièrement les femmes intégralement voilées, celles qui cherchent à exprimer leur liberté d’être soumises aux hommes dans un pays libre, alors que sous d’autres cieux, les femmes prennent des risques pour réclamer la liberté de ne pas se soumettre à la gent masculine en retirant leur voile qui leur est imposé. Néanmoins, pour la lecture des visages intégristes intégralement voilées, on ne dispose que d’un seul paramètre : les yeux, mais il passe déjà beaucoup de choses par les yeux, ne serait-ce que l’hostilité. Le masque sanitaire permet la lecture de multiples indices et c’est fou ce qu’un tiers du visage peut livrer de secrets : sourire, colère, perplexité… si le rire ne se voit pas, il s’entend. Paradoxalement le « visage de marbre », l’absence d’expression, nous échappe. Je ne parle pas des masques mal portés, sous le nez ou sur le menton qui livrent toutes les expressions (dont celle de la bêtise) mais qui ne servent à rien, et du cas des cheveux qui se dressent sur la tête, expression capillaire rarement rencontrée, mais la façon de se coiffer peut être riche d’enseignements.