J’ai vaguement l’impression que ces temps-ci le débat qui domine est celui du sexe des anges alors que l’Europe devient de plus en plus une proie économique, et petit à petit celle de l’islam, que la Chine - dont le peuple est muselé - est en expansion mondiale et prête à avaler Taïwan, que les USA encore première puissance (mais pour combien de temps ?) jusqu’à présent le parapluie des démocraties et toujours celui des Taïwanais, est en pleine déliquescence interne, que la Russie reconstitue gentiment un succédané de URSS, et a pris pied au Moyen Orient et en Afrique, alors que la France est devenue essentiellement une société de consommateurs qui biberonnent le lait produit ailleurs, pendant ce temps, un temps de campagne présidentielle, on discute âprement du sexes des anges : pourquoi le drapeau européen a-t-il flotté seul quelques heures au-dessus de la tombe du soldat inconnu ? Faut-il sortir le Kärcher de la cave ? Est-ce que les gens rebelles au vaccin nous emmerdent ? Sont-ils de mauvais citoyens et doit-on les emmerder ?* Et tous ces incidents microscopiques, et j’en oublie car ils méritent d’être rapidement oubliés, répétés et débattus jusqu’à la nausée par les chaînes d’information occupent le temps et l’espace, alors que nous sommes plus ou moins infectés, massivement endettés, chroniquement insatisfaits jusqu’à la rébellion, bien que notre système d’entraide soit un des plus performants au monde, proclamant librement que nous sommes dans un régime totalitaire, désunis jusqu’à la violence, et assiégés dans le déni.
* Je vais participer – très modestement - à cette polémique à propos de l’implication de la merde par le président de la République française adressée aux non-vaccinés. Le contexte pouvait peut-être expliquer la crudité des termes, à moins qu’il s’agisse d’une volonté d’occuper le terrain même en le rendant glissant. Quoi qu’il en soit, il eut été préférable pour la première figure représentative de la France, plutôt que d’imiter Cambrone qui s’était exprimé dans des circonstances désespérées (bien que le sus-nommé soit mort près de 30 après la bataille de Waterloo), de déclarer, en termes plus choisis et dans une posture protectrice, d'avoir l'obligation, dans l’intérêt des non-vaccinés, de restreindre leur liberté de se rendre dans des lieux où ils risqueraient de se contaminer et de faire par la suite des formes graves étant dépourvus de la protection vaccinale, tout en risquant – "accessoirement" - de contaminer autrui davantage que les vaccinés, et de surcharger les hôpitaux.