17 Septembre 2018
Mr Benalla fait la une des médias depuis des semaines, en partie en raison de ses maladresses. Il est accusé d’avoir usurpé les fonctions de policier et maîtrisé un individu qui agressait les forces de l’ordre à jet de carafe, ce qui n'a pas empêché celui-ci de porter plainte. A cette occasion on s’est aperçu que Mr Benalla bénéficiait de la part de l’Etat d’un certain nombre d’avantages. Ces avantages lui ont été sans doute accordés en raison de services rendus et il ne semble pas – jusqu’à preuve du contraire – que ces services aient été déshonorants. Quoi qu’il en soit, ces avantages, il ne les a pas volés, ils lui été officiellement accordés par la présidence de la République, c’est donc à elle qu’il faut demander des comptes, et non pas à Mr Benalla. Le tort de ce dernier est surtout d’avoir franchi les étapes grâce à ses supérieurs, et sans doute en raison de ses qualités, en dehors de la conformité hiérarchique, et en partant du bas. S’il s’est révélé maladroit et présomptueux, à ma connaissance, il n’a pas été malhonnête.
Mme Agnès Saal, bien diplômée (Science Po, ENA), et ayant occupé nombre de fonctions plutôt prestigieuses, fut exclue en janvier 2016 pour deux ans de la fonction publique (mais elle a réintégré le ministère de la culture l’été 2016 !?), et :
« Le 11 avril 2016, elle est convoquée devant le tribunal correctionnel dans le cadre d'une procédure de « plaider-coupable » accusée « d’avoir détourné 23 788,46 euros (hors taxes) de fonds publics entre mai 2014 et avril 2015 » lorsqu'elle était présidente de l'INA. Les courses en taxi bénéficiaient essentiellement à ses enfants. Agnès Saal est condamnée à 150 jours-amende (à 30 euros par jour, soit 4 500 euros d'amende) et 3 000 euros de dommages-intérêts au profit d'Anticor auxquels s'ajoutent trois mois de prison avec sursis pour des faits similaires lorsqu'elle était directrice du centre Georges Pompidou » (Wikipédia).
Les sommes d’argent public détournées par Mme Saal dans ses différentes fonctions – toujours pour des frais de taxi – seraient, aux dires de certains, bien plus importantes que celles mentionnées plus haut, et pendant les sept années de sa direction du Centre Pompidou, l’estimation irait de 90000 (38000 € en16 mois d’après le Centre lui-même) à 400000 €. Parler de « détournement » d’argent public est un euphémisme bon teint car il s’agit tout simplement de vol de l’argent du contribuable, le fait qu’elle ait remboursé la partie des sommes utilisées pour son usage privé ne modifie en rien la nature des faits.
Pourtant, dans la chaleur de l’été « L’ex-patronne de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) Agnès Saal a été nommée à un poste d’experte de haut niveau au ministère de la culture. Elle y exercera les fonctions de haut fonctionnaire à l’égalité, la diversité et la prévention des discriminations, pour une durée de trois ans, qui ont pris effet à compter du 1er septembre. » (Le Monde)
Cette nomination qui se serait faite « selon les procédures » (y compris la règle qui exige la probité de la part des serviteurs de l’Etat ?) n’a provoqué aucun remous de la part des politiques et peu de la part des médias.
Il me semble tout de même qu’à côté de Mme Saal, Mr Benalla, objet d’un « scandale » qui n’en finit pas, n’a pas grand chose à se reprocher.