15 Septembre 2018
Des chercheurs de l’Université d’Indiana (USA) ont tenté de démontrer que les hommes qui adoptent un comportement machiste sont plus enclins à avoir des troubles de santé mentale. On voit déjà que ces chercheurs partent du présupposé que se comporter selon les stéréotypes masculins risque de mener à la pathologie.
Ils ont donc fait une méta-analyse de 78 études groupant 19453 cas pour étudier le lien entre machisme et santé mentale. Ses résultats ont été publiés dans le Journal of Counseling Psychology.*
Ce qui est d’abord intéressant est la définition des stéréotypes masculins. Pour les auteurs ils peuvent être définis par les 11 critères suivants:
- Désir de gagner.
- Besoin de contrôle émotionnel.
- Prise de risque.
- Violence.
- Besoin de domination.
- Autonomie.
- Comportement de playboy en recherche de promiscuité sexuelle.
- Pouvoir sur les femmes.
- Dédain pour l'homosexualité.
- Importance de l'activité professionnelle.
- Poursuite du succès.
On peut supposer que seuls les super-machos sont capables de réunir tous les onze critères. A noter qu’il n’y a que deux critères correspondant aux relations homme/femme. Si des critères de ce panel se retrouvent chez des destructeurs de l’humanité, ils se retrouvent également chez beaucoup de découvreurs et d'artistes qui l’ont fait progresser, tout dépend de la façon dont l’énergie hormonale est utilisée. Ceux qui furent à l’origine des conquêtes humaines ne les ont pas faites, apparemment, sans risque, car en dehors de l’importance donnée à l’activité professionnelle toutes les autres caractéristiques et notamment les deux concernant les relations avec les femmes auraient un impact négatif sur la santé mentale. On peut également regretter que ces pauvres machos, pour ne pas déchoir, ne recourent que rarement à une aide psychologique.
Et le Dr Wong de conclure "La solide association trouvée entre ces deux normes (relatives aux femmes) met en évidence que le sexisme est non seulement une injustice sociale, mais pourrait bien avoir un effet néfaste sur la santé mentale de ceux qui adoptent de telles attitudes".
Il n’y a plus qu’à balancer les porcs, et pourquoi pas à l’asile.
Illustration de Jean-André Rixens : « Don Juan aux enfers »
* Article repéré par le site "Pourquoi docteur"