Il y a 50 ans Adenauer et De Gaulle avaient scellé à Reims la réconciliation de la France et de l’Allemagne déchirées par trois guerres meurtrières en 75 ans, c'est-à-dire le temps d’une génération. Le général avait déclaré devant Mgr François Marty : « Excellence, le chancelier et moi-même venons dans votre cathédrale sceller la réconciliation entre la France et l’Allemagne ».
Aujourd’hui Angela Merkel et François Hollande ont pénétré dans la cathédrale à la suite d’une procession de curés pour s’asseoir dans le chœur et écouter – ma foi – une belle musique de Bach (un extrait de la « Passion selon Saint-Jean »).
Je comprends que les dirigeants d’aujourd’hui aient voulu imiter le cérémonial suivi il y a 50 ans. Mais je me pose la question : en quoi une cérémonie religieuse (l’aval de l’au-delà, en quelque sorte) était-elle nécessaire, aujourd'hui comme hier, pour sceller ou commémorer un acte politique entre deux Etats laïques et en présence de prêtres qui n’ont jamais manqué de bénir, de part et d’autre, les canons destinés à mettre en pièces les créatures de Dieu ?