
Rembrandt « Philosophe en méditation » 1631
Assis devant la fenêtre, un philosophe méditait.
Il recherchait la lumière alors que le soleil caressait doucement son visage orné d’une barbe blanche, comme il se doit.
Le regard perdu, il recherchait la lumière en lui.
Il méditait sur sa méditation et en tournant en rond sous l’escalier qui s’élevait en colimaçon, il s’enfonça profondément dans ses pensées profondes.
Et ce qui devait arriver, arriva : il s’endormit profondément.
Dans les profondeurs du sommeil, il fit un rêve agité dans la calme pénombre de la chambre dallée.
Un rêve où il était submergé par les flots verbeux du langage obscur de ses pareils et dans le tourbillon des mots creux.
Il s’enfonça profondément sans trouver le sens pour en sortir et ce qui devait arriver, arriva : il se noya.
Mais avant son dernier soupir, il proclama dans un essai (personne ne se refait) : la mort de la philosophie.
Qu’il était dur d’en arriver là pour un penseur qui avait trépassé toute sa vie à philosopher.
Il se réveilla alors durement à la réalité envahi par le froid.
La femme qui avait le sens du réel, sans faire de philosophie, attisa le feu dans l’âtre et mit du bois pour réchauffer le philosophe refroidi.