Les Norvégiens (qui n’appartiennent pas à l’Union Européenne) viennent d’attribuer le prix Nobel de la Paix à l’UE. Si ceux qui font partie de cette institution sont fiers que cette dernière ait été distinguée, bien entendu, les sarcasmes n’ont pas tardé. Un britannique, Nigel Farage, crache allègrement dans la soupe, puisqu’il est lui-même eurodéputé, en appréciant l’humour des Norvégiens. Ce que fait également Mélenchon qui parle, lui, d’humour noir. L’un et l’autre accusant l’UE d’être responsable de la pauvreté, du chômage et d’attiser l’animosité entre le Nord et le Sud. Cette dernière assertion vient du britannique et je reconnais bien là l’humour anglais.
Animosité ? C’est tout de même peu de chose à côté des multiples guerres qui ont ensanglanté le continent européen pendant des siècles avec comme apothéose les deux ignobles boucheries qui ont jonché cette terre de millions de cadavres au XXème siècle. Animosité ! Chochotte ! Voilà 67 ans que les grandes nations européennes sont en paix et collaborent entre elles depuis 62 ans. Alors, il n’y a pas de prix de la paix plus mérité que celui-ci. Bien sûr, il a beaucoup à redire sur le fonctionnement de l’UE, mais une telle période de paix n’a jamais eu son équivalent en Europe probablement depuis toujours.
Pauvreté, chômage, c’est vrai. Mais ces eurosceptiques ne se posent pas la question de savoir si ce ne serait pas pire sans l’UE et attribuer la pauvreté et le chômage à l’UE est un peu léger, c’est négliger le reste du monde. La France, même dans l’UE, ne pèse déjà pas très lourd face aux mastodontes. Complètement isolée, elle pèserait encore moins, mais elle pèserait plus si les 500 millions d’européens voulaient s’unir davantage. Le poids économique de l’UE serait incomparable si les pays la composant n’agissaient pas en ordre dispersé.
Il faudra bien un jour ou l’autre mettre la nostalgie aux rayons des souvenirs et les eurosceptiques avec, eux qui n’ont aucune solution de rechange pour assurer la paix et faire face à une économie mondialisée.