Slate rapporte (repérée sur Vice) une étude publiée dans le journal PLOS One qui conclue que l’on trouve plus d’électeurs aux capacités cognitives réduites parmi ceux qui ont voté pour la sortie de l’UE par rapport à ceux qui ont voté pour le maintien dans l’UE. « Les chercheurs ont constaté que les 73% des électeurs britanniques faisant partie des 10% les plus performants sur le plan cognitif ont voté pour le maintien dans l'UE, tandis qu'ils n'étaient que 40% parmi les 10% les moins performants ». Une explication serait qu’une réduction des capacité cognitives rendrait plus sensible à la désinformation et elle n’a pas manqué lors de la campagne pour ce referendum. Cette corrélation s'est maintenue peu importe le revenu, le niveau d'éducation, ou l'âge. Même dans les couples (l’analyse a porté sur 3183 couples britanniques) où les deux conjoints ont voté différemment, celui qui a voté pour le maintien est davantage susceptible d'obtenir de meilleurs résultats aux tests cognitifs que son partenaire qui a voté pour le retrait.
A ma connaissance, c’est la première fois que je vois une étude qui ose tester les capacités cognitives des personnes exprimant un choix politique, et dans le cas présent le degré d’esprit critique à l’égard des informations manipulées. On pourrait en tirer des conclusions extrêmes et antidémocratiques en réservant le vote à ceux que l’on estime aptes à voter comme ce fut le cas jadis. Ce serait un suffrage censitaire non pas basé sur les impôts directs mais sur les capacités cognitives estimées par des tests. L’inverse pourrait également se concevoir : ne serait-il pas souhaitable de faire passer des tests cognitifs à ceux qui se présentent aux élections ? Mais l’histoire montre que l’on peut être très intelligent et parfaitement con dans ses choix politiques lorsque l’on est frappé d’idéologie aiguë, et cela vaut aussi bien pour les électeurs que pour les élus.