Il n’est donc pas étonnant que chacun regarde son nombril et avec la caution philosophique du « connais-toi toi-même » de Socrate. Il le regarde avec attendrissement ou désespoir. Après tout le nombril est unique et périssable, et le temps est limité pour le regarder. La tendance est de le montrer et on ne perd pas une occasion pour le faire afin de lui donner de la valeur.
Il y a peu la mode pour les jeunes filles était de le laisser à l’air, ce qui a entrainé sa banalisation, ce qui est dommage. La littérature est d’une autre portée, et surtout la poésie qui est l’expression littéraire la plus nombriliste, le nombril étant recouvert d’un voile transparent, charmant ou amer. Et ne parlons pas du monde des réseaux sociaux qui est l'exposition de nombrils (dont le mien sur ce modeste blog) la plus vaste et la plus sophistiquée qui soit. Regarder son nombril, bien que pleinement justifié, ne permettait pas toujours de jeter un œil intéressé sur le nombril des autres et sur le monde qui tourne autour. Mais heureusement internet permet à présent de regarder par les trous de serrure, et nous avions déjà des spécialistes pour regarder le nombril d’autrui, notamment les psychologues et les psychanalystes. Souvent ces spécialistes ont du mal à faire le tour de leur propre nombril alors il gagne leur vie en contemplant celui des autres.
Mais du nombril au sexe il n’y a qu’une main et on glisse aisément de l’un à l’autre, une pente naturelle que les psychanalystes ne cessent de descendre et de remonter. Si l’axe de la Terre passe par le nombril, on peut se demander si cet axe n’est pas un phallus en érection ou un clitoris démesuré sous l’impulsion féministe. La parole s’est libérée et en matière de sexe, elle est devenue bavarde. Il suffit d’ouvrir un journal pour le constater. Ci-dessous un extrait du HuffPost d’aujourd’hui :