Sur un autre blog, j’ai laissé un commentaire sur un article de l’auteur. En réponse, un autre visiteur manifestement en désaccord avec ma position m’a plus insulté qu’argumenté. Si on n’est pas d’accord, on peut en débattre, on peut aussi refuser le débat en estimant que l’autre est irrécupérable et qu’il sera impossible de le convaincre. Mais pourquoi éprouver le besoin d’insulter ?
J’y vois deux possibilités, l’une n’excluant pas l’autre :
Soit la personne qui n’a pas la même opinion que soi est d’emblée considérée comme un ennemi à qui on attribue ignorance et/ou des facultés défaillantes, on exprime alors son mépris en l’insultant, la virtualité ne permettant pas la violence physique, mais l’insulte cachée derrière son écran en est le lit.
Soit on prend plaisir à insulter dans l’anonymat et sans risque en saisissant cette occasion pour se défouler, ce qui est l'indice d’un ressentiment quelconque.
Cette minuscule anecdote est une minuscule illustration de ce qui passe à l’échelle de la planète, la toile permettant d’aller de l’insulte à la menace de mort. Si la toile contient des richesses à foison et bénéfiques à tous, elle est aussi tendue comme un immense réceptacle de vomissures.
Illustration : Jean Louis Ernest Meissonier : « La rixe ».