Dans le Sud, près de la mer,
Au bord de la route des gens pressés,
J’ai rendez-vous avec un figuier solitaire
Sur le trottoir de terre où je l’ai laissé.
J’ai rendez-vous dans son ombre,
A l’abri de la chaleur, à l’abri de la lumière,
Dans la fraicheur de son havre vert sombre,
Sous ses feuilles piquées de poussières
Venues de la route des gens pressés,
Sous ses fruits encore verts,
Petits sacs aux promesses de saveur,
Que la main tendue pouvait cueillir.
J’ai rendez-vous avec le figuier solitaire.
Je veux retrouver son odeur
Qui embaume mon souvenir,
Et dont je ne me lassais pas
Quand je venais le saluer.
J’espère qu’il sera toujours là,
Que personne n’osera l’arracher de terre,
Au bord de la route des gens pressés,
Dans le Sud, près de la mer.
Paul Obraska