FEUILLES
Bruissement sous nos pas des feuilles écrasées
Leurs débris odorants embaument la terre
Notre mort est moins belle que leur mort empourprée
Sous la dureté de la pierre pourrissent nos chairs
Dans les allées mordorées aux ramures nues
Les troupes noires des vivants regroupés
Marchent en murmurant sur la terre feuillue
Réceptacle sans retour de leur destinée
C’est ici que l’on empile les êtres aimés
Dans les étages d’une demeure souterraine
Dans de longues boîtes de bois effeuillé
Présences si proches et pourtant si lointaines
Ami, c’est en automne que tu m’as quitté
C’est ici, parmi les feuilles, que je t’ai perdu
Ami, tu me manques, quand reviendras-tu ?
Paul Obraska