Lance Armstrong, auréolé d’avoir « lutté » quasiment seul contre un cancer (le traitement dont il a bénéficié paraissant accessoire), et sextuple vainqueur du Tour de France, convaincu de dopage par l’agence américaine (augmentation de la masse musculaire par les stéroïdes et celle du nombre de globules rouges par des transfusions ou des injections d’EPO[1]), est en passe d’être dépossédé de tous ses titres depuis 1998, alors que les nombreux contrôles qu’il a subis (on parle de 500) se sont tous révélés négatifs ! Ce qui témoigne d’une grande astuce ou de grandes complicités.
Avant l’instauration des contrôles antidopages, on peut penser que la plupart des grands champions dans le passé et notamment les champions cyclistes se dopaient et que tous, de ce fait, étaient plus ou moins sur un pied d’égalité. Celui qui gagnait était donc le meilleur parmi l’ensemble des dopés, comme Anquetil, et que ceux qui manquaient de prudence ou mal conseillés risquaient de ne pas terminer la course, comme Tom Simpson (mort sur le mont Ventoux).
Les preuves de dopage de Lance Armstrong ont surtout été apportées par ses coéquipiers qui avouent eux-mêmes s’être également dopés. On peut donc considérer qu’Armstrong a été le meilleur des dopés (et ils sont plutôt nombreux). C’est un titre que l’on ne peut pas lui retirer.
La question est de savoir s’il ne serait pas plus logique de permettre officiellement le dopage et en le généralisant de mettre tous les athlètes sur un pied d’égalité dans les épreuves. Le dopage également réparti (ce qui va dans le sens de l’histoire) pourrait être ainsi assuré et surveillé médicalement afin d’éviter les accidents.
Je propose de réunir, dans une large concertation, une commission chargée d’élaborer le projet d’un office dont l’objectif serait de déterminer, après consultation des experts, les modalités de fonctionnement de la future Agence de Régulation du Dopage pour Tous (ARDT) chargée de créer, entre autres, un corps de techniciens dopeurs (CTD), et d’un observatoire indépendant de contrôle de leur activité qui disposerait d’agents tout terrain (stades et routes).
Dessin de Philippe Geluck
[1] L’EPO ou érythropoïetine est une hormone de croissance produite essentiellement par le rein, participant à la régulation de la masse de globules rouges et au maintien de l’oxygénation tissulaire.