Ils sont morts parce qu’ils pensaient et s’exprimaient en hommes libres, parce qu’ils montraient par un petit dessin toute l’absurdité du monde, parce qu’ils pointaient de leur crayon le ridicule des fanatismes.
Les fanatiques supportent davantage la vue du sang que d’entendre rire.
Ils ont fait un carnage.
Nous serons privés des sourires que savaient faire naître l’admirable Cabu, Wolinski, Charb ou Tignous. Sans doute que leurs assassins à l’esprit demeuré sont-ils fiers d’avoir décapité Charlie Hebdo et « vengé » leur prophète, et certains se réjouissent de l’assassinat de ces hommes qui n’avaient comme armes que leurs plumes, en vomissant sur les réseaux sociaux un « bien fait pour Charlie Hebdo ».
Une noire promotion d’enfer pour le livre de Houellebecq « Soumission » qui parait justement aujourd’hui et qui n’en avait guère besoin.
Surtout pas d’amalgame nous dit-on. Certes, on entend beaucoup de musulmans plus ou moins pratiquants déclarer être horrifiés par cet attentat et c’est tant mieux qu'ils s'expriment.
Reste que l’islam, partout où il est religion d’Etat, étale aux yeux du monde son intolérance vis-à-vis des autres et vis-à-vis de ses propres fidèles lorsqu’ils ébauchent une vague tentative de discussion sur leur religion. Ils sont alors accusés de blasphèmes, traités d’apostats, se retrouvent en prison, menacés de fouet ou de mort par une fatwa décrétée par un quelconque imbécile sans que cela gène le moins du monde les autorités, comme on l’a vu récemment en Algérie pour l’écrivain Kamel Daoud.
L’islam d’aujourd’hui se montre bien plus intolérant qu’il ne le fut dans le passé. Pour que cette intolérance s’installe, il suffit qu’il soit majoritaire. Quand il ne l’est pas, elle s’exprime, comme aujourd’hui, par quelques individus violents qui veulent faire taire par la peur les esprits libres, surtout lorsqu’ils ont du talent.