16 Septembre 2019
Mariage en Chine
Hier, un des thèmes de l’émission dominicale « C politique » (France 5) était : « Décrocher un portrait du Président de la République dans une mairie mérite-t-il un procès pour "vol en réunion" ? Depuis plusieurs mois, de jeunes activistes écologistes pénètrent dans les mairies, un peu partout en France, pour dénoncer, selon eux, l’inaction climatique d’Emmanuel Macron et le fossé entre ses paroles et ses actes… ».
Ces portraits dérobés ont été planqués, puis ressortis lors d’une manifestation (non violente), portés par des activistes, les exposant face aux caméras, le président posant inconfortablement la tête en bas, mais sans être décapité comme certains « gilets jaunes » l’auraient souhaité.
Deux jeunes femmes appartenant à cette mouvance étaient invitées sur le plateau et protestaient contre « l’inaction climatique » de Macron. Comme leur interlocuteur leur faisait remarquer que Macron en faisait plutôt plus que bien d’autres chefs d’Etat en la matière, elles l’ont admis, mais ont répliqué que ce n’était pas assez. Je veux bien le croire, mais à aucun moment le journaliste leur a demandé : à votre avis que doit-il faire en pratique ? En tenant compte que le pays doit continuer à fonctionner, l’électricité à être produite, même en l’absence de vent et de soleil, sans laquelle la civilisation actuelle s’effondrerait, les prestations sociales et les subventions aux associations (dont celles qui s’occupent d’écologie) à être versées etc…En tenant compte que la France est un petit pays et l’Europe qu’une péninsule de l’Eurasie, face à des mastodontes, grands pollueurs devant l’Eternel, comme les Amériques, la Chine, la Russie ou l’Inde, en tenant compte que même si la France cessait toute activité, il n’est pas sûr que la température du globe baisserait seulement d’un dixième de degré. C’est décourageant mais cela ne doit en aucunement justifier de ne rien faire du tout.
Le vol dans les mairies est un acte illégal, ce que ces jeunes femmes admettent car elles prônent la désobéissance civile. Et l’une d’entre elle est même devenue : « formatrice à la désobéissance civile » (sic). J’ignore si cette activité enrichissante est rémunérée ou pas, mais on ne pourra pas dire que l’écologie ne crée pas d’emplois.
Nous sommes en démocratie, même si certains le conteste, comme Mélenchon dont il faut charitablement pardonner les déclarations car on peut comprendre qu’un admirateur de Castro ou de Maduro ait un peu perdu ses repères en matière de démocratie. Nous sommes dans un pays où existe la liberté d’expression, où l’on peut manifester (et nous avons droit au moins à une manifestation hebdomadaire depuis des mois), faire grève (et les Français ne manquent pas une occasion de la faire) et voter à l’occasion pour exprimer sa réprobation, approuver la désobéissance civile, dont on ne sait jamais où elle peut s’arrêter, est un chemin qui peut mener au chaos, ce qui serait contre-productif en matière d’écologie. L'étonnant est qu'un économiste également invité pour commenter l'émission (c'est fou ce que nous avons d'économistes), sans doute pour ne pas déplaire à ces dames, s'est empressé d'approuver cette désobéissance aux lois de la République. Il est coauteur d'un ouvrage traitant des origines du populisme.