Les Italiens se sont dotés d’un gouvernement-chimère composé à la fois de membres de l’extrême droite et de membres d’un parti populiste plutôt socialisant. Un assemblage contre nature à la fois national et socialiste qui évoque, toutes proportions gardées, un parti germanique de triste mémoire.
Il est donc possible que ce gouvernement transalpin à deux corps soit amené à prendre des décisions apparemment contradictoires pour nos esprits que l’on dit « cartésiens », c’est à dire marqués par l’idée plutôt que la pratique.
Le Canard enchaîné d’hier, à la suite du Figaro, note que « le Conseil des ministres populistes et d’extrême droite a adopté la semaine dernière, un décret qui limite le recours aux contrats courts et encourage les embauches à durée indéterminée ». Une remise en cause de la flexibilité du travail instaurée par Matteo Renzi en 2015.
Ce qui est étonnant est le commentaire du volatile à la fin de l’entrefilet : « On chasse le migrant mais on fait risette aux chômeurs », en ajoutant, ironique, « c’est peut-être ça le « en même temps » à l’italienne. »
Donc Le Canard trouve scandaleux que le gouvernement italien privilégie les chômeurs italiens plutôt que l’accueil des migrants africains ou asiatiques.
Le Canard est ici, non seulement boiteux, mais il court sans tête.
Illustration : Picasso