Les commentateurs médiatiques ergotent sans fin sur la percée des Ukrainiens et sur la débâcle des Russes quittant précipitamment des territoires qu’ils avaient occupés à l’est du pays. Le néophyte que je suis, ne disposant d’aucune information particulière, s’étonne un peu de tout ce que les commentateurs – sans guère être plus informés que moi – en déduisent sur l’état des belligérants, sur la pensée intime de Poutine, de son entourage, des décisions qui allaient être prises et de l’évolution future de cette guerre. Il est certain que cette contre-offensive jusqu’à présent réussie leur donne du grain à moudre et on comprend leur joie de voir enfin les choses bouger, car comment intéresser les spectateurs par une description monotone (bien que sanglante) d’une guerre de tranchées. On comprend donc l’enthousiasme qu’ils expriment pour les Ukrainiens qui relancent l’audimat, comme le marquage d’un but relance la partie. Mais gagner une bataille, ce n’est pas gagner la guerre, surtout contre les Russes.